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André Franquin

Nom Réel: André Franquin
Né le 3 janvier 1924 - Décédé le 5 janvier 1997
Langues : français
Nationalité : Belgique

Sites web
wikipedia.org - wikidata.org - bnf.fr - isni.org

Biographie

Comme l'autre grand nom de la bande dessinée belge, Hergé, c'est dans la commune bruxelloise d'Etterbeek qu'est né André Franquin, le 3 janvier 1924. Il est engagé en 1944 par un studio de dessins animés, où il fait la connaissance de Morris et Peyo. Grâce à l'amitié de Jijé (Joseph Gillain), alors pilier du journal Spirou, les trois jeunes dessinateurs livrent à cet hebdomadaire des bandes dessinées humoristiques. Sous la houlette de Jijé se constitue l'école de Marcinelle (nom du faubourg de Charleroi où se trouve le siège du journal) ; ses membres ont en commun un sens du mouvement (hérité de leur formation dans le dessin animé) et le goût du détail graphique qui ajoute au comique (Franquin ira jusqu'à introduire à l'intérieur de chacune de ses signatures en bas de planche un gag en rapport avec l'histoire). Dans Tintin, journal rival de Spirou, s'épanouit au même moment autour d'Hergé un graphisme réaliste, plus épuré et plus statique, celui de l'école de Bruxelles.

André Franquin n'a que vingt-deux ans quand Jijé lui abandonne la principale bande dessinée du journal Spirou, créée en 1938 pour le lancement de l'hebdomadaire par le Français Rob-Vel (Robert Velter). De 1946 à 1968, André Franquin est chargé de cette série. Aux deux héros, les journalistes Spirou et Fantasio, il ajoute des personnages secondaires rapidement essentiels, comme le comte de Champignac (1951), savant génial, et son double maléfique, Zorglub (1959), et surtout le Marsupilami (1952), animal fabuleux, originaire de Palombie - État fictif de l'Amérique du Sud ; il est à la fois mammifère et ovipare, comme le révèle l'épisode Le Nid des marsupilamis.

Lassé des contraintes d'une série qui n'est pas tout à fait la sienne, André Franquin, parallèlement à Spirou, réalise d'autres bandes : de 1955 à 1959 il livre à l'hebdomadaire Tintin Modeste et Pompon, gags en une page sur la vie quotidienne de deux jeunes gens, puis il crée en 1957 dans Spirou le héros - ou plutôt l'antihéros - qui lui apportera la célébrité, Gaston Lagaffe, garçon de bureau (fictif !) de ce journal. À travers ce personnage aux inventions farfelues, qui introduit parmi des employés surmenés et pénétrés de l'importance de leur travail une vision ludique et poétique de l'existence, André Franquin brosse un tableau ironique du monde de l'entreprise, de son culte de la productivité et de la rentabilité. Il laisse deviner son intérêt pour l'écologie, sa sympathie pour les marginaux, son aversion pour l'autoritarisme, sa conception anarchisante de la vie en société. Ces idées seront plus clairement exprimées dans Idées noires. Cette série, très adulte dans le ton, née en 1977 dans le Trombone illustré, supplément - éphémère, car jugé subversif par l'éditeur - du journal Spirou, puis publiée dans les magazines À suivre et Fluide glacial et dans deux recueils (vol. 1, 1981 et vol. 2, 1984), est peut-être la plus grande réussite d'André Franquin, qui y révèle sa nature fondamentalement angoissée.

En effet, jusqu'à la fin de sa vie (il est mort des suites d'un infarctus le 5 janvier 1997 à Saint-Laurent-du-Var), André Franquin aura porté un regard sans complaisance tant sur le monde que sur lui-même. En dépit d'un très grand succès populaire (l'ultime album de Gaston, Gaffe à Lagaffe !, s'est vendu à 650 000 exemplaires durant les quatre semaines qui s'écoulèrent entre sa parution et le décès de l'auteur), et de l'estime de l'ensemble de la profession (c'est un grand artiste, à côté duquel je ne suis qu'un piètre dessinateur, avait dit Hergé), André Franquin ne connut jamais la sérénité, et, à plusieurs reprises, sa carrière fut interrompue par des dépression nerveuses. Comme beaucoup d'humoristes, il était profondément pessimiste. Dans un entretien accordé en 1993 à Alain Fourment pour le journal Le Monde, il avait déclaré : Avec l'âge, et malgré des moments de bonheur, je suis convaincu que l'homme ne sera jamais civilisé. Il se détruira. Mais il ne faut pas trop le dire, il ne faut pas gâcher la vie des gens.


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Livres ne faisant pas partie d'un cycle (1) :

Le bureau des gaffes9782277330707



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